La calligraphie

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Calligraphie biblique

Tantôt art, tantôt exercice spirituel, latine ou orientale, la calligraphie repose sur une technique pointue et rigoureuse pour exprimer une vraie sensibilité. L’art de la calligraphie peut atteindre une place centrale dans une civilisation selon le contexte historique et philosophique. En Asie par exemple, la calligraphie fait partie intégrante de la formation du peintre dans certaines civilisations et fait partie des sciences occultes dans d’autres. Alors qu’en Occident, elle revêt un caractère religieux avec les moines copieurs tout en étant l’apanage des souverains. Avant de nous pencher sur la lettre persane faisons un petit tour du monde de la calligraphie à travers le monde :



En Asie Orientale : Trempé dans l’encre sombre, ou encre de Chine, et guidé par la main du calligraphe, le pinceau souple danse sur un papier de riz ou de soie où il dessine des caractères harmonieux et équilibrés, imprégnés de nature, de poésie et d’histoire.






Dans le monde islamique : La direction des lignes, l’épaisseur des traits, la longueur des étirements, l’emplacement des points sont des éléments centraux pour assurer l’équilibre général d’une œuvre.







En Égypte ancienne : l’écriture hiéroglyphique est inséparable de l’art, elle se doit d’être somptueuse car elle incarne à elle-seule l’immortalité du monde qu’elle décrit.








Tout au long de l'histoire, la calligraphie a été un combat permanent entre la recherche de standards et l’abondance graphique. La calligraphie occidentale des Temps Modernes en est un bon exemple, avec ses formes canoniques érigées en modèles absolus dans le souci de transmettre avec fidélité la pensée d’un discours savamment mis en ordre.




Lion calligraphique

En ce sens, la calligraphie de l'alphabet arabe dans tout le Moyen Orient se dérive dans des formes riches et complexes ; s'inspirant même parfois d'une végétation luxuriante, envahissant toute surface selon qu’elle trouve ou non à fleurir du papier, des tapis, ou les murs d'une mosquée. Dans l’esprit de la calligraphie islamique, la calligraphie persane se caractérise par son raffinement particulier de ce qui fut autrefois un art de cour.




Le cas particulier de la calligraphie persane


Empruntée aux Arabes depuis le Xème siècle, l’écriture persane a su mettre à profit ses ambiguïtés graphiques pour développer, à des fins poétiques, des recherches d’esthétique formelle.

Ces dernières ont abouti à une fructueuse réflexion sur l’écriture qui, naturellement, encourage l’épanouissement de l’art calligraphique. Lié au respect de la parole sacrée du Coran, cet art s’impose aussi en raison de l’importance de l’art du livre dans les cours de culture persane associée à la figure du prince lettré et du poète.

Calligraphie et poésie ne font qu’un dans la culture persane. Souvent encadrée dans de somptueuses enluminures, la calligraphie est un art vivant où forme et fond s’épousent.


Petite chronologie de l’écriture persane


Il n’existe pas une mais diverses écritures persanes qui ont vu le jour et évolué au cours de l’histoire, en effet, les langues iraniennes ont emprunté leur écriture aux peuples voisins. Ainsi diverses écritures se sont succédées, toutes inaptes à rendre parfaitement compte de la phonologie du persan parlé.



Lignes d'écriture cunéiforme sur une brique de boue en Iran

Au VIe siècle avant J.-C., c’est l’écriture cunéiforme qui transcrit le vieux-perse, mais les scribes au service des Achéménides étant le plus souvent araméens préfèrent l’usage de l’écriture araméenne pour les besoins de la chancellerie.








Inscriptions en araméen sur des tombes

Sous l'empire des Sassanides (211-645) la tradition araméenne est encore si ancrée que c’est par l’écriture araméenne qu’est notée la langue de l’empire, le pehlevi. Ainsi l’interprétation des textes qui requiert une connaissance de l’araméen, fait surgir des difficultés. En plus de cette écriture officielle d’autres écritures dites “sémitiques” émergent ; en effet, les Juifs utilisent, pour noter le moyen-perse, les caractères hébraïques, et les chrétiens l’alphabet syriaque.



Calligraphie sur une façade de mosquée

Lors de l’invasion du plateau iranien par les musulmans en 634, la langue arabe supplante alors le pehlevi comme langue administrative. L’écriture arabe, écriture du Coran, est largement accueillie et acceptée par les membres de la chancellerie musulmane. C’est à ces lettrés que l’on doit l’adaptation de l’alphabet arabe pour la notation des textes persans, adaptation difficile car certains sons de la langue persane sont étrangers à la langue arabe : c’est ainsi que furent ajoutés des points à certaines lettres. Autre différence majeure, l’écriture arabe distingue les voyelles longues et les voyelles brèves notées ou non, alors que le riche vocalisme persan repose sur des différences de timbre. Toutes ces divergences conduisent à un système de notation graphique un peu flou où le même mot peut se lire de plusieurs manières.


C’est l'imprécision entre la langue persane et sa notation qui a permis le déploiement de jeux poétiques raffinés reposant sur cette ambiguïté de l’écriture et qui fait fleurir tout le mystère et la suggestivité de la calligraphie persane. Et bonne nouvelle, Paris-Perse vous propose bientôt des calligraphies authentiques faites en Iran ! Suivez-nous sur notre compte Instagram elles arrivent !



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