À la découverte d'Ispahan : l'histoire derrière ses couleurs

Mis à jour : nov. 10


La Place Naqshe-e-Jahan et la Mosquée du Chah

André Malraux disait d’elle  « Qui peut prétendre avoir vu la plus belle ville du monde sans avoir visité Ispahan ». Faute de pouvoir voyager, nous vous amenons à Ispahan, là où le ciel est plus élevé qu’ailleurs, entre le bleu persan de ses mosaïques, l’or de ses dômes, le rose de ses jardins fleuris et les effluves épicées de ses souks. Plus qu’une ville, l’ancienne capitale safavide est un précieux témoin de toutes les époques qu’elle a traversé au cours des derniers millénaires. À travers ses mosquées, ses palais et jardins luxuriants, c’est toute l’histoire de l’Iran qui défile sous nos yeux éblouis par cette explosion de couleurs.




Aussi appelée “La Moitié du Monde”, Ispahan se situe au sud de la capitale de Téhéran et à l’est des Monts Zagros Ville millénaire appréciée par sa situation géographique idéale au centre du plateau iranien, certains font remonter les origines d’Ispahan à l’Empire achéménide, soit près de 1000 ans avant notre ère. Sous la dynastie des Sassanides, de 224 à 651, Ispahan alors divisée en deux sites, était à la fois un centre militaire et une résidence royale. 




Lorsque les arabes s’emparent de l’Empire Perse vers 640, Ispahan se voit une nouvelle fois métamorphosée notamment avec la construction de mosquées, à l’image du bouleversement religieux que subit le pays durant cette période : le passage du zoroastrisme à l’islam. Sous la dynastie musulmane des Bouyides, Ispahan devient un centre culturel et commercial majeur jusqu’à sa destruction au début du XIème siècle au cours de l’invasion des Seldjoukides, tribus turciques. 


Ces derniers construisent la ville dans l’optique d’en faire un véritable pôle artistique et scientifique. De cette période prospère, subsistent de nombreux monuments : la sublime Grande mosquée d’Ispahan, la Vieille Place d’Ispahan, le minaret des Quarante filles ne sont que quelques témoins parmi tant d’autres de l’imminente architecture seldjoukide. Après avoir été prise par les Mongoles en 1244, Ispahan tombe dans l’oubli.




Couronné en 1588, le Shah Abbas Ier de la dynastie des safavides décida de redonner à Ispahan toute sa splendeur d’antan faisant d’elle un centre culturel à l’image de sa grandeur qui éblouirait le monde entier de sa splendeur : Ispahan devient la capitale de l’empire Safavide jusqu’à l’invasion afghane au XVIIIème siècle qui mit un terme à son apogée.



Véritable “Shah bâtisseur” et en urbaniste rigoureux, Abbas Ier est à l’origine du patrimoine architectural extraordinaire d’Ispahan. Il entreprend la construction de la place Naqshe-e-Jahan signifiant “Image du Monde” en farsi (langue persane) demeurant aujourd’hui l’une des plus grandes places au monde. Entourée de part et d’autre par la mosquée du Chah au Sud, le palais Ali Qapou à l'Ouest, la mosquée du Cheikh Lotfallah à l'Est et d’une des portes du grand bazar d'Ispahan au Nord, cet ensemble architectural témoigne à lui-seul de la grandeur du règne safavide qui voulait faire d’Ispahan un “paradis sur terre”.




La Place Naqshe-e-Jahan

Entrée de la Mosquée du Chah

Céramiques de la Mosquée du Chah



La mosquée du Chah aussi appelée mosquée de l’Imam fait partie d’un des plus somptueux monuments d’Iran, son entrée ornée de céramiques d’un bleu profond et ses minarets turquoises ne sont qu’un avant-goût de ce que réserve son intérieur…










La mosquée du Cheikh Lotfallah, vue de l'intérieur

Contrairement à la mosquée du Chah, la mosquée du Cheikh Lotfallah ne possède ni cour, ni minaret en revanche sa coupole dorée qui contraste avec les mosaïques bleues et turquoises des murs constitue un véritable chef-d’oeuvre architectural. 




Le salon de musique du Shah Abbas II


Pour avoir un aperçu du raffinement de l’art persan, il faut se rendre au Palais Ali Qapu qui recèle de divines peintures murales et de marqueteries notamment dans l’ancien “salon de musique” du Shah





La Palais Chehel Sotoun et son bassin

Mais que serait Ispahan sans ses jardins royaux ? Le Palais Chehel Sotoun et son jardin luxuriant encerclant un bassin faisant face au “Palais aux 40 colonnes” dans lequel on peut voir son reflet reste un incontournable pour les amateurs de jardins iraniens.






Stand d'épices dans le Grand Bazar d'Isfahan

Ispahan, ancienne étape de la Route de la Soie, n’a pas oublié son héritage de ville commerciale et c’est à travers le Grand Bazar d’Isfahan que transparaît le mieux le passé mercantil de cette ville. Flâner dans le bazar d’Ispahan c’est se laisser enivrer par l’infinité de couleurs et d’odeurs dont regorge ce lieu mythique. Épices et denrées des quatre coins du monde, textiles et étoffes exotiques, tapis aux mille couleurs, miniatures pleines de finesse, le Bazar d’Ispahan recèle de merveilles qui éveilleront tous vos sens.

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