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  • À la découverte de la mythologie perse

    Relief représentant le symbole du Zoroastrisme à Persépolis La mythologie perse est le ciment de la culture iranienne et de son art alors ce mois-ci, nous vous faisons découvrir les divinités perses souvent oubliées de nos cours d’histoire. Les fondements de l a mythologie Perse Les dieux perses sont divers et nombreux et leur culte varie selon les différents mouvements religieux : les pratiquants du mazdéisme adoraient une pléthore de dieux jusqu’à ce que le prophète Zoroastre, fondateur du Zoroastrisme au cours du IIème millénaire avant J-C, réforme le Mazdéisme en créant la première religion monothéiste connue à ce jour. Cette dernière est centrée autour du seul dieu Ormazd aussi appelé Ahura Mazda , le dieu créateur. À partir de là, la mythologie perse s'articule autour d’un dualisme : Ahura Mazda incarne le Bien en lutte constante contre Ahriman ou Angra Mainyu qui n'est plus considéré comme un dieu en soi, mais comme un concept apparenté au Mal. Quant aux dieux mazdéens, ils deviennent ce que l'on appelle des " Yazatas ”, génies du bien qui sont toujours aussi respectés mais auxquels on ne voue plus un culte divin. Le Zervanisme, un mouvement religieux qui né en Perse achéménide, ira jusqu’à faire éclore un nouveau dieu au-dessus d' Ahura Mazda : le dieu primitif Zurvan Akaran . À l’image du dieu Chronos dans la mythologie grecque, Zurvan Akaran est le maître du temps. Ce dernier aurait engendré deux jumeaux totalement opposés, Ormazd et Ahriman , qui incarnent respectivement le Bien et le Mal. Cependant, Zurvan Akaran n’est reconnu que par les zervanistes. Ainsi, la notion de dualisme est omniprésente dans la mythologie perse, et atteint son paroxysme dans le mazdakisme et le manichéisme. Les entités de Ahura Mazda et Angra Mainyu sont un reflet de la vie en ce monde dans lequel Bien et Mal s’affrontent sans relâche. Il est intéressant de constater que cette vision dualiste est aussi très ancrée dans le christianisme avec la figure du Diable. On la retrouve également dans des pensées plus lointaines comme chez les Incas et les Mayas. Les bases désormais posées, nous vous faisons découvrir ses deux entités principales et fondatrices : AHURA MAZDA ou ORMAZD : le Bien Représentation du dieu Ahura Mazda Incarnation du Bien, dieu de la bonté, de la sagesse, de la connaissance absolue, Ahura Mazda est doté d’une force créatrice qui fait de lui un dieu suprême. On lui doit la création du cosmos, de la lumière et des ténèbres, du vivant et de tous les êtres qui le composent, et de toutes les activités spirituelles et physiques. L’on raconte que le soleil n’est autre que son œil, et le ciel est son vêtement dont les broderies sont les étoiles. Sa lumière perpétuelle, chaude et emplie de vie repousse les ténèbres froides et mortes où s’épanouit le Mal contre lequel il mène un combat perpétuel. Ahura Mazda règne sur l’univers aux côtés de 6 autres divinités suprêmes, les " Amshaspands ", qui règnent chacune sur une forme de la création que nous vous présenterons à l’occasion du prochain article. ANGRA MAINYU ou AHRIMAN : le Mal Incarnation du Mal, son objectif est de détruire le monde pour y faire régner le Mal et l’obscurité. Il vit dans les ténèbres du Nord, épicentre de toutes les forces maléfiques. Comme Ahura Mazda , il est aidé dans sa lutte contre le bien par six démons, “ davea ” en persan, issus des ténèbres cosmiques et de nombreuses autres divinités malfaisantes que vous découvrirez lors du prochain article. Là où Ahura Mazda génère la vie, Angra Mainyu génère la mort, lorsque Ahura Mazda offre la santé aux êtres vivants, Angra Mainyu leur offre les maladies. Ainsi, Angra Mainyu a beau se construire en opposition au dieu Ahura Mazda, ses pouvoirs restent inférieurs à ce dernier puisqu’il est voué à échouer à la fin de des temps. À noter que Angra Mainyu reste un concept et non un dieu pour le zoroastrisme monothéiste. Le mois prochain, nous vous ferons découvrir les entités secondaires de la mythologie perse, entre “génies bienfaisants” et démons afin d’avoir une vision complète de la culture perse et de ses légendes.

  • Le tapis persan, emblème de l'artisanat persan

    Tapis et kilims roulés dans un marché en Iran Le tapis persan fait partie des artisanats les plus aboutis du monde oriental. Aux yeux du monde entier, il est l’incarnation même du raffinement de la culture iranienne et ce, depuis sa découverte par les européens à l’époque des Croisades (vers le XIIIème siècle). Si le tapis persan est si techniquement élaboré, c’est qu’il est le fruit de millénaires de savoir-faire : le plus ancien tapis découvert à ce jour, le tapis Pazyryk, date du Vème siècle avant J-C. La technique de tissage exceptionnelle de ce tapis, un cadeau des Perses achéménides à un prince scythe, prouve qu’à l’époque des Achéménides, soit il y a 2500 ans, le tapis était déjà un artisanat élaboré. Quelles sont alors les origines du tapis persan ? Quel est son secret pour être si intemporel ? Des tribus nomades aux cours royales, l’histoire d’un savoir-faire Soldat achéménide, 500 ans av. J.-C. Le tapis persan fait ses débuts en servant d’isolant thermique aux tribus nomades de Perse lors des hivers rudes. La laine de mouton permettait de maintenir la chaleur dans les huttes tout en servant à perpétuer les symboles et motifs tribaux. Petit à petit, ce savoir-faire a gagné les villes où les matières utilisées et les motifs sont devenus plus raffinés et le tissage s’est érigé en un véritable art de cour. On raconte même que de somptueux tapis ornaient la cour du fondateur de l’empire perse Cyrus Le Grand, 500 ans av. J.-C. D’anciens textes originaires de Chine nous rapportent qu’en 628 ap. J.-C., l’empereur Héraclius rapporta plusieurs tapis au retour de sa conquête de Ctésiphon (non loin de la ville de Bagdad actuelle), la capitale sassanide. Puis presque une décennie après, les Arabes également conquirent Ctésiphon et rapportèrent nombre de tapis dont le fameux tapis jardin "le printemps de Khosrô" dont les motifs rappellent un jardin luxuriant. Cet ouvrage somptueux est considéré comme l’un des tapis les plus précieux de tous les temps. Tissé sous le règne de Khosrô I (531-579 ap. J.-C.), sa surface atteint les 8 mètres carrés. Suite à l’invasion arabe, une tribu turque du nom de Seljuk, domina la Perse entre 1038 et 1194 ap. J.-C. Cette période marque un véritable tournant dans l’histoire des tapis persans car leur technique se retrouva bouleversée. Les femmes seljuks qui étaient d’habiles tisserandes, introduisirent la technique du noeud turc, aussi appelé "Ghiorde" , cette dernière est d’ailleurs toujours utilisée dans certaines régions. Alors que dans le nœud persan aussi appelé " Sinneh" , le brin forme une seule spirale autour de l’un des deux fils de chaîne, dans le nœud turc, le brin de laine est enroulé autour de deux fils de chaîne, de façon à former deux spirales dont les extrémités ressortent entre les deux fils. Plus tard, durant la domination par les Mongoles entre 1251 et 1447, les envahisseurs ont vite intégré la culture persane, en effet, le sol du palais de Tabriz de l’empereur Ghazan Khan était couvert de tapis précieux. Il est stupéfiant de constater à quel point le tapis persan et son savoir-faire sont parvenus à survivre en dépit des invasions au fil des millénaires et des siècles. Princesse et son narguilé sur un tapis à la cour Sous la dynastie safavide, et en particulier sous le règne du Shah Abbas, entre 1587 et 1629, l’art des tapis persans atteint son âge d’or. Alors que les tapis étaient auparavant ornés de motifs géométriques, l’ère Safavide marque un renouveau pour le tapis persan : à la fin du XVe siècle, les motifs deviennent plus souples formant des vrilles végétales, entrelacs et arabesques. De telles formes nécessitent encore plus d’habileté de la part des tisserands. D’ailleurs, dans sa nouvelle capitale d’Esfahan, le Shah Abbas installe un atelier de cour où tisserands collaborent avec des artisans royaux où ils avaient à leur disposition des matériaux de la plus haute exception comme de soie, fils d’or et d’argent, afin de fabriquer des pièces extraordinaires. Un des tapis les plus célèbres de cette époque est celui de la mosquée d’Ardabil tissé en 1539 que l’on peut retrouver au Victoria & Albert Museum de Londres. Les techniques du tapis persan Les matières premières Troupeau de moutons à Gilan Gharb, Iran Des millénaires après l’apparition des premiers tapis, les artisans continuent à utiliser la laine de mouton et d’agneau, qui reste assez bon marché. Le coton est utilisé exclusivement pour la chaîne et la trame afin d’assurer une bonne résistance au tapis. Dans les tapis très précieux, on utilise de la soie. Pour certains tapis anciens de l’ère Safavide, des fils d'argent, d'or, ou de soie entourés d'un fil de métal précieux étaient aussi employés. Les colorants Fils de laine teints naturellement dans un marché à Mashhad, Iran La plupart des artisans iraniens continuent d’utiliser les colorants naturels suivants : La racine de garance donne du rouge Les feuilles de l'indigo donnent un bleu très foncé Les feuilles de vigne et le safran donnent les tons jaunes Le sulfate de cuivre mélangé au bleu et du jaune permet d’obtenir le vert La laine et/ou le brou de noix fournissent les gris et le marron La laine naturelle de mouton ou le poil de chameau noir donne la couleur noire La technique Les mains d'un tisserand fabriquant un tapis artisanal traditionnel à Isfahan Il existe quatre sortes de métiers : - Le métier horizontal : employé aujourd'hui que par des nomades, il consiste simplement en deux barres de bois entre lesquelles sont tendus les fils de laine dans le sens de la longueur. Durant le travail, les fils de chaîne sont maintenus tendus grâce à deux pieux liés aux extrémités de chaque barre et plantés dans le sol. - Le métier vertical fixe : employé dans les usines rustiques il consiste en un cadre vertical dont les montants supportent les extrémités de deux barres rondes et parallèles appelées “ensouples”. Entre ces deux ensouples sont fixés les fils de chaîne. L’ouvrier est assis sur une planche qui repose sur les barreaux de deux échelles fixées à l’ensemble. Au fur et à mesure que le nouage progresse, la planche servant de siège doit s'élever en même temps que le tapis. Ce type de métier est utilisé pour des tapis dont la longueur ne dépassera pas celle du métier lui-même, c'est-à-dire trois mètres. - Le métier de Tabriz : amélioration du métier vertical, il est répandu dans les grands centres de production en Iran. Dans ce type de métier, les fils de chaîne se déroulent de l'ensouple supérieure à la bobine inférieure, sous laquelle ils passent avant de revenir vers l'ensouple supérieure. Son avantage ? Il permet de nouer des pièces de longueur égale à deux fois la hauteur du métier. - Le métier à ensouples rotatives : version la plus évoluée du métier vertical, ici tout le fil de chaîne nécessaire au nouage du tapis est enroulé sur l'ensouple supérieure, tandis que sur la bobine inférieure s'enroule le tapis au fur et à mesure du travail. Son avantage ? Il est possible de confectionner des tapis de n’importe quelle longueur. Les différents formats Ghali (littéralement « tapis ») : désigne les tapis de grande dimension, de plus de 190 × 280 cm. Dozar ou Sedjadeh : vient de do, « deux » et zar, une mesure persane correspondant à 105 cm environ. Ces tapis mesurent approximativement 130-140 centimètres de largeur pour 200-210 centimètres de longueur. Ghalitcheh : tapis de même format que les précédents mais de qualité très fine. Kelleghi ou Kelley : tapis de format allongé, mesurant environ 150−200 × 300−600 cm. Ce tapis est traditionnellement réservé à être disposé en tête (kalleh signifie « tête » en persan). Kenareh (littéralement « côté »): format allongé aussi mais plus réduit ; 80−120 cm × 250−600 cm. Il est traditionnellement positionné sur les côtés d'un tapis plus grand. Zaronim : correspondant à un zar et demi. Ces tapis mesurent donc environ 150 cm de long. Le prix du tapis varie en fonction de sa taille, la technique et les matières premières utilisées. Aujourd’hui comme depuis deux millénaires, le tissage des tapis est l’apanage des Iraniens. Les tapis persans sont célèbres pour leurs couleurs, la diversité de leurs motifs artistiques qui n’ont fait qu’évoluer au cours des époques et des invasions successives. Malgré l’évolution des techniques, la qualité de leur conception demeure intacte.

  • Sur les traces du motif Boteh Jegheh

    Le Boteh Jegheh ou motif Paisley Le “Boteh Jegheh”, aussi connu sous le nom de “motif paisley” ou “motif cachemire”, est un motif floral en forme d’amande très populaire depuis les années 60 et sa mode psychédélique. Nous avons beau le retrouver sur de nombreuses étoffes, peu d’entre nous en connaissent l’origine ni même sa signification. Pourtant, le Boteh Jegheh possède une symbolique forte : ce motif dont le nom signifie “arbuste” en persan orne les turbans des shahs safavides depuis le règne du Shah Abbas Ier le Grand. Tout au long de l’ère Safavide, les souverains s’illustrent avec des turbans ornés de somptueux boteh jegheh en diamants et en émeraudes. Des origines controversées Cependant, les origines du Boteh Jegheh ont fait l’objet de nombreuses spéculations. Des auteurs ont théorisé qu'il est originaire de l'ancienne Babylone, remontant peut-être à 1700 avant JC où il représentait l’arbre de vie. D’autres suggèrent qu'il est dérivé d'un symbole zoroastrien du feu. Certains l'ont aussi lié au cyprès qui est le symbole zoroastrien de l'éternité et de la vie. Plus encore, on prétend que le motif floral provient de la dynastie sassanide (200-650 après JC), le dernier empire perse avant la montée de l'islam. La forme particulière du boteh jegheh émanait de l'impact de l'invasion arabe, qui se reflète à travers un arbre en train de se courber, symbolisant le chagrin de la nation. Motifs Boteh Jegheh sur les colonnes de la Mosquée de Noh Gumbad (IXème siècle) Toutefois, les recherches archéologiques montrent que le fameux motif n’existe dans aucun temple du feu zoroastrien… En revanche, il a été retrouvé sur les colonnes de l’une des plus anciennes mosquées du monde islamique, la mosquée de Noh Gumbad, au sud-ouest de la ville de Balkh, en Afghanistan, construite dans la première moitié du IXème siècle. L’épopée du Boteh Jegheh : de la Perse à l’Écosse Traditionnellement, le motif Boteh Jegheh était utilisé dans la conception d'un tissu iranien tissé à la main de haute qualité à base de soie et de laine, appelé Term eh . Ce dernier était utilisé dans les costumes de hauts fonctionnaires et de courtisans appelés Khalaat . Il orne également des tapis, des rideaux, des bijoux, des peintures, des vêtements, et certaines œuvres d'art. La Route de la Soie amène le Boteh Jegheh en Inde Dès les années 1500, le Boteh Jegheh emprunte la Route de la Soie et se retrouve vite adopté par le reste de l’Asie et tout particulièrement par la péninsule indienne. En Inde, on le tisse sur les laines des chèvres du Cachemire, c’est ainsi que le motif Boteh Jegheh devient le "motif cachemire". Au XVIIe siècle, la Compagnie des Indes l’exporte en Europe où, symbole d'exotisme, de luxe et de rareté, on se l’arrache dans les cours européennes. Le motif cachemire devient si populaire en Europe que la production des pays orientaux peine à l’approvisionner, les manufactures occidentales reprennent alors la confection de ce motif. Parmi elles, les manufactures de Norwich en Angleterre et de Paisley en Écosse, la plus connue. À l’aube du XIXème siècle, les tisserands de la ville de Paisley sont devenus les leaders de la production de châles à motif cachemire. Après s’être fait nommé “motif cachemire”, le Boteh Jegheh devient alors le “motif paisley”. Du Swinging London à un intemporel de la mode contemporaine Le Boteh Jegheh au temps des Sixties Dans les années 1870, le Boteh Jegheh perd de sa popularité en raison de la taille immense des châles et de la réduction de la taille des jupes pour les soutenir. C’est un siècle plus tard, qu’il est remis au goût du jour avec les hippies de la période Summer of Love de 1967, inspirés par la culture et la spiritualité indienne. Le motif cachemire est alors associé au style psychédélique caractéristique des sixties. Aujourd’hui, le Boteh Jegheh reste populaire et on le retrouve sur les pièces de nombreux couturiers de renom tels que Stella McCarteney et Jill Sander. Il est aussi le motif emblématique des bandanas en coton imprimé. Chez Paris-Perse, nous mettons à l’honneur le motif Boteh Jegheh à travers nos créations artisanales:

  • Norouz, le Nouvel An persan

    La table Haft Sîn symbolise Norouz Ce samedi 20 mars marque le jour de l'équinoxe du printemps en France et les pays de l’hémisphère nord, mais pour les Iraniens on fête surtout le Nouvel An ! Chaque année, depuis plus de 3000 ans, on célèbre le réveil de la nature et le renouvellement de la vie dans laquelle l’homme et la nature sont étroitement liés. Norouz , qui signifie littéralement “Jour Nouveau” est la plus grande fête de la culture persane mais son culte s’est répandu au-delà des frontières de l’Iran, dans les pays anciennement influencés par l’Empire perse comme l'Afghanistan, l'Azerbaïdjan, le Kurdistan… Une tradition ancestrale - Norouz Nouvel An persan Vestiges de Persépolis La fête de Norouz, plus qu’une simple célébration de la renaissance de la nature, est profondément ancrée dans la culture iranienne, au point qu’elle est déjà mentionnée dans des archives datant du IIème siècle avant J-C. À l’époque des Achéménides, entre 648 et 330 avant JC, on commémorait cette grande fête dans la somptueuse ville de Persépolis qui fut bâtie par les grands rois perses à cet effet. Plus tard, durant la dynastie des Sassanides entre 224 et 651 avant JC, la cérémonie de Norouz se déroule sur 6 jours : les 5 premiers formant le “petit Norouz” étaient marqués par la rencontre entre le roi et les différentes couches de la société, des nobles aux paysans, en passant par les religieux. Ces entrevues royales permettaient à chacun d’émettre des demandes au roi. Le 6ème jour, appelé le “grand Norouz” était dédié à l’anniversaire du prophète Zoroastre et marquait le terme de la création du monde qui, selon les croyances, s’étalait sur 6 jours. Au cours de cette période, la fête de Norouz s’ enrichit de nouvelles traditions telles que le pardon des prisonniers, les audiences royales publiques et les cadeaux, qui sont encore d’actualité aujourd’hui. Alors que Norouz incarne l’héritage du Zoroastrisme, on constate que la popularité et la grandeur de cette fête n’a cessé de croître à travers les époques, et ce, même sous l’influence islamique. D’ailleurs, en pleine période islamique, à l’époque des Abbassides (750-1258), on fête Norouz dans ce qui était autrefois la capitale de l’Empire islamique, Bagdad. Là encore, les traditions comme les cadeaux, le port de nouveaux vêtements et les entrevues royales perdurent. Scène de cérémonie dans le palais d'un roi safavide Sous les Safavides, entre 1501 et 1736, le faste et la splendeur des cérémonies de Norouz atteignent un âge d’or comme en témoignent les nombreuses peintures murales et tableaux de cette ère. Durant cette période, le culte de Norouz s’imprègne de la religion chiite qui domine à cette époque en Iran, notamment via l’introduction de prières islamiques qui font désormais partie de l’identité iranienne. À travers les époques et malgré les bouleversements politico-religieux, Norouz incarne la stabilité de la culture iranienne et demeure la principale fête dans le cœur des Iraniens. Le déroulement et les coutumes de Norouz Nouvel An persan Norouz Nouvel An persan ne se limite pas à une seule célébration, les préparations de Norouz débutent dès le dernier mois du calendrier persan, appelé Esfand . Tout au long de cette période de fêtes, familles et amis se réunissent, et des cadeaux sont distribués en guise de récompenses pour ce que chacun a accompli au cours de l’année passée. Haft Sin, la table des “sept choses” Table Haft Sîn La nappe de Norouz, sofreh , est l'élément le plus marquant de Norouz, elle est dressée quelques jours avant le Nouvel An et entretenue jusqu’au dernier jour, nommé Sizdah Beda r. Chaque année, les familles garnissent leurs tables de sept éléments commençant par un S : Sabzeh : deux semaines avant la nouvelle année, on place des graines de blé, d’orge ou de lentilles à germer. Ces pousses symbolisent la renaissance. Samanou : cette pâte très riche à base de blé germé symbolise l’abondance. Senjed : le fruit du jujubier symbolise l’amour. Sîr : l’ail symbolise la santé. Sîb : la pomme considérée comme le fruit du paradis symbolise la beauté et la bonne santé. Somaq : les baies de sumac aux couleurs de l’aube symbolisent la santé. Serkeh : le vinaigre symbolise l’âge et la patience. Sonbol : les fleurs de jacinthe et leur parfum rappelle l’arrivée du printemps et le réveil de la nature. Sekkeh : les pièces symbolisent la prospérité. On peut également trouver : Un miroir qui a une forte symbolique car il reflète la vie. Un bocal d’eau avec un poisson rouge symbolisant l’énergie et la gaieté. Des œufs peints incarnant la fertilité. Des bougies symbolisant la lumière et le feu. Des livres sacrés comme l’Avesta et le Coran ou des recueils de poèmes comme le Shâh Nâmâ de Ferdowsi ou le Divan de Hafez. Les décorations et leur disposition varient d’une famille à une autre, afin de faire refléter les goûts de chacun auprès des convives. La fête du feu, Tchaharchanbé-Souri Fête de Tchaharchanbé-Souri dans une rue de la ville d'Astara, dans la province de Gilan Le dernier mardi soir de l’année est célébré au cours d’une cérémonie nommée Tchaharchanbé-Souri durant laquelle on sort dans la rue et on saute au-dessus du feu qui est associé à la clarté, à la pureté et à la vie. Cet acte symbolique est accompagné d’une phrase : “ Zardi-yé man az to ; sorkhi-yé to az man “ signifiant “Je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge”. En effet, le jaune est associé à la maladie et aux difficultés de la vie alors que le rouge symbolise la vitalité et la santé : ainsi, en sautant par-dessus le feu, on se débarasse de nos maux en se chargeant de la force du feu. Cette nuit-là s’accompagne de nombreuses autres traditions comme le fait d’allumer des feux sur les toits pour guider les anges Favrashisi venus sur terre prier pour la prospérité et la santé des familles après le nettoyage des maisons. En effet, toujours dans l’optique de profiter du passage à la nouvelle année pour se purifier, les ménages iraniens nettoient leurs maisons et objets et, parallèlement, leur âme en la débarrassant des rancunes et conflits internes. Ce nettoyage de printemps s’accompagne du port de vêtements neufs à l’image des arbres qui se parent d’un nouveau feuillage. Sizdah bedar Sizdah Bedar à Ispahan Le treizième jour des célébrations du Nouvel An, Sizdah bedar , est une fête en extérieur pleine de gaieté accompagnée de chants, de danses et d’un pique-nique en famille. C’est à cette occasion que sont jetées les pousses germées du Haft Sîn dans un fleuve ou un courant d’eau afin de symboliquement se débarrasser des maux et de la malchance. Les jeunes femmes les attachent avant de les jeter dans l’espoir d’être mariées avant le prochain Sizdah bedar. La fête de Norouz est le reflet d’une culture immuable et forte qui n’a cessé de se renforcer à travers six millénaires. Elle incarne l’énergie d’une identité qui a su conserver ses valeurs et ses rites malgré les bouleversements politiques et religieux. Au-delà de la célébration d’une nouvelle année, elle célèbre le lien intime qui unit l’homme et la nature et notre capacité, comme les arbres et fleurs, à renaître. Eide Shoma Mobarak !

  • La poésie iranienne, fleuron de la Perse

    Le Mausolée du poète Hafez à Chiraz, Iran S'il y a un art qui incarne la culture perse, c’est bien celui de la poésie. Véritable aboutissement de la littérature iranienne, elle s'immisce dans le quotidien de tous les Iraniens, toutes générations confondues. Considérée comme l’une des formes les plus anciennes de la littérature universelle, la poésie persane nous apporte un regard inédit sur l’évolution culturelle, politique, sociale et philosophique de l’Iran depuis le Xème siècle. Ses balbutiements Miniature ancienne Dans l’ Avesta , texte sacré constituant le socle de la liturgie zoroastrienne, les gathas sont des hymnes sous forme de vers relatant la vie du prophète Zarathoustra. Cette forme littéraire est considérée comme l’un des vestiges de la poésie de l’ancienne Perse. Mais qu’en est-il de la poésie persane telle que nous la connaissons ? La poésie persane est le fruit d’une rencontre culturelle au cours d’une période mouvementée : l’islamisation. Entre le Xème et le XIème siècle, deux cents après la conquête de la Perse par les Arabes, la subsistance de la culture iranienne antérieure est compromise. Cette période de bouleversement culturel s'avère pourtant fertile car elle marque la rencontre entre deux courants poétiques bien distincts : La poésie en moyen-iranien ou pehlevi, langue officielle de l’Iran Sassanide, entre 224 et 651. Cette langue disparue incarnant une époque raffinée fut l’âme d’une littérature abondante mais dont les vestiges sont rares. Le schéma rythmique de la poésie en moyen-iranien s’inspire de la poésie de l’ancienne Perse où chaque vers comptait un nombre de syllabes précis. La poésie arabo-musulmane, importée en Perse par les califes en 651, est largement empreinte du Coran. Elle prend la forme du prosodie où s’alternent syllabes longues et syllabes courtes. Cette rencontre inattendue donne naissance à une forme de poésie persane innovante marquée par le rythme du vers arabe tout en étant imprégnée de la métrique de la poésie iranienne traditionnelle. Mais cette fusion inattendue n’aurait sûrement pas eu lieu si elle ne s’était pas déroulée dans un cadre politique bien particulier… Dans les régions du Khorasan et de la Transoxiane, dans le nord-est de l’Iran actuel, régnait la dynastie Samanide, dont les représentants furent désignés comme émirs par le calife al-Mamun sous l’autorité du califat Abbasside. Étant persanophones, les Samanides s’appliquaient à s’entourer de poètes renouant avec les traditions littéraires de la Perse ancienne. En même temps, leur fidélité aux Abbassides les amena à adapter cette poésie ancienne à la culture arabo-musulmane califale. C’est ainsi que la poésie persane traditionnelle a pu voir le jour. Les poètes emblématiques de la poésie iranienne Roudaki (859-941) La statue de Roudaki à Dushanbe, Tadjikistan Roudaki est considéré comme le père fondateur de la poésie persane. Son oeuvre est très éclectique, se développant autant autour du lyrisme amoureux que de la panégyrique*mais aussi de l’élégie funèbre**. Le ton emprunté est rempli de fatalisme mais laisse aussi place à un imaginaire propre au milieu de la noblesse. Roudaki est à l’origine du rubaï , un poème à la forme fixe s’apparentant au quatrain occidental. Son œuvre la plus reconnue est le recueil de fables orientales Kalilè et Demnè qui aura inspiré les plus grands hommes de lettres de notre histoire comme Jean de la Fontaine au XVIIIème siècle. Il est à déplorer que la majeure partie de son œuvre estimée à plus de 100 000 vers est introuvable. * La panégyrique provenant du mot grec panêguris , « assemblée de tout le peuple », est un discours démonstratif élogieux louant un personnage illustre, une nation ou une chose. ** Venant du grec elegeia signifiant “chant funèbre”, l’élégie funèbre est un poème lyrique emprunt de mélancolie exprimant la douleur amoureuse ou le deuil. Ferdowsi (approximativement 940-1020) Statue de Ferdowsi à Tus, Iran Aussi connu sous le nom du “Récréateur de la langue persane”, Ferdowsi fait aussi partie des chefs de file de la poésie persane. Durant près de quarante ans, il se dédia à l’écriture de la plus grande épopée en langue persane et ce qui demeure aussi sa plus grande œuvre : Le Livre des Rois ou Shâh Nâmeh. Un monumental ouvrage épique constitué de 50 000 distiques relatant l’histoire des grands rois perses jusqu’à leur chute par l’invasion arabe en 65, faisant rejaillir l’imaginaire national perse. Nezâmi (approximativement 1141-1209) Visage de Nezami Nezâmi se distingue de ses prédécesseurs par sa grande inventivité poétique. Bien que son Livre d’Alexandre fait appel au style panégyrique et à l’épopée, le reste de son œuvre est consacrée au lyrisme amoureux et au mystique, qu’il a introduit à la poésie persane. Nezâmi est à l’origine du Khamsé regroupant cinq poèmes lyriques au style complexe riche en énigmes, en anecdotes et en figures de style. Sous la plume harmonieuse de Nezâmi, la poésie persane s’est non seulement enrichie mais elle s’est vue ouvrir de nouveaux horizons. Hâfiz ou Hafez (approximativement 1325-1390) Le Mausolée du poète Hafez à Chiraz, Iran Dans le sillage de Nezâmi, Hâfiz perpétue la poésie mystique dans un registre lyrique auquel il incorpore des images sensorielles éveillant l'imagination du lecteur. Son œuvre la plus connue est nommée Le Divân (recueil de poèmes) à défaut de titre. Le Divân se compose de ghazals qui sont des poèmes faits de distiques. Hafez est l’un des poètes persan s les plus populaires : encore aujourd’hui, ses poèmes sont célébrés jusqu’à inspirer la musique traditionnelle. D’ailleurs, la ville de Chiraz, dont Hafez est originaire, ne manque pas de rendre hommage à cette grande figure de la littérature persane à travers ses statues et jardins honorifiques. Djami (1414 - 1492) Miniature représentant une cour royale En plein âge d’or de la poésie mystique soufie, Djami incarne le dernier représentant de la poésie persane classique. Sa figure de cheykh soufi transparaît à travers ses poèmes où il dépeint l’amour comme un élément essentiel dans la quête de la spiritualité et représente l’homme qui aspire au savoir par une goutte d’eau tombant dans le désert. À l’aube de la dynastie des Safavides, les conflits politiques donnent le coup de grâce à la poésie persane classique qui connaissait déjà un certain déclin. Mais cela n'empêchera pas la poésie persane de rester gravée dans la mémoire collective iranienne comme universelle et de continuer à nourrir la littérature contemporaine. Rendez-vous sur notre coin lecture pour découvrir la littérature persane et en savoir davantage.

  • Traversée de la Route de la Soie : le Kazakhstan

    Notre périple sur la Route de la Soie continue ! Après l'Ouzbékistan et l'Arménie, place au Kazakhstan. Découvrez ce pays, ses vastes steppes traversées par les marchands de l'"Empire Céleste" et ses caravansérails, témoins de ce pan d'histoire qui imprègne encore sa culture aujourd'hui. Pour mieux comprendre ce qu’est la Route de la Soie, c’est ici . Le Kazakhstan occupe une position clé dans le carrefour de la Route de la Soie. En effet, la principale voie de la Route de la Soie traversait la région de Semirechye et le sud du Kazakhstan dès la seconde moitié du VIe siècle, lorsque Semirechye et le sud du Kazakhstan sont devenus des parties intégrantes du khaganat turc, un immense empire nomade s'étendant de la Corée à la mer Noire. À la fin du VIe siècle, le khaganat s'est scindé en deux entités distinctes, l'une à l'est et l'autre à l'ouest, et Semirechye est devenue le cœur du khaganat turc occidental, ayant pour capitale la ville de Suyab. Cette période a vu l'émergence de nouvelles villes à Semirechye et dans le sud du Kazakhstan, notamment celles situées le long de la Route de la Soie ou entretenues par des liens commerciaux avec celle-ci. Parmi les plus prospères figuraient Suyab, Taraz et Ispidzhab. Cette branche de la Route de la Soie a maintenu son importance jusqu'au XIVe siècle, lorsque des troubles civils et des conflits ont causé la destruction des villes. C'est au milieu du XIIIème siècle qu'elle est réutilisée et reconnaît un essor auprès des ambassades commerciales et diplomatiques en direction de Karakorum, la capitale de l'empire mongol. Nous allons donc vous faire découvrir les villes kazakhs emblématiques de la Route de Soie : d'Est en Ouest, puis vers le Sud, Almaty, Taraz, Turkestan, Otrar, Chiquent et Sayram. Le Kazakhstan Étape 1 : Almaty Almaty, anciennement connue sous le nom d'Alma-Ata, était un point de départ clé pour les caravanes de marchands se dirigeant vers l'ouest. Cette ville était le centre de l'activité commerciale, où les marchandises précieuses en provenance d'Asie centrale et d'Extrême-Orient étaient stockées et redistribuées. Almaty est aujourd'hui la plus grande ville du Kazakhstan, mais elle garde des traces de son passé sur la Route de la Soie à travers son architecture, ses musées et ses artefacts historiques. Étape 2 : Taraz Plus vers l'Est du pays, se trouve une autre ville incontournable de la Route de la Soie, Taraz, anciennement appelée Talas.L'histoire de Taraz est fascinante, avec plus de 2000 ans d'existence en tant que carrefour commercial et administratif clé de la Route de la Soie entre les 7e et 9e siècles où marchands et voyageurs se retrouvaient. Au 13e siècle, la ville fût dévastée par les invasions mongoles, ce qui a entraîné sa chute. Malgré cette tragédie, Taraz a réussi à renaître progressivement de ses cendres au fil des siècles. Aujourd'hui, la ville est fière de son riche patrimoine historique, avec plus de 70 monuments d'archéologie, d'architecture et d'art qui témoignent de son glorieux passé. Parmi les sites emblématiques, le Mausolée Aisha-Bibi, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Entièrement décoré en terre cuite, il était dédié à une légendaire princesse de la région.Parmi les monuments de Taraz, on compte aussi le Mausolée Karakhan, édifié au 11e siècle et qui honore le fondateur de la dynastie Kharakhanide qui a joué un rôle majeur dans l'islamisation de la région. Étape 3 : Turkestan La ville de Turkestan, autrefois connue sous le nom de "Yasi" a joué un rôle central à la fois sur le plan spirituel et politique pour le peuple turcophone de la région du 16e au 18e siècle. Elle a gagné une renommée internationale grâce aux prédications du célèbre cheikh soufi et philosophe "Khoja Ahmed Yasawi". Son mausolée, érigé 233 ans après sa mort sur ordre direct de Tamerlan, est aujourd'hui un chef-d'œuvre de l'architecture médiévale et un lieu de culte majeur pour les musulmans de la région, il est d'ailleurs i nscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui a renforcé le statut culturel et historique de la ville. Étape 4 : Otrar Plus vers le Sud, se trouve Otrar, une ville fantôme située à la confluence de l'Arys et du Syr-Daria. Couvrant une superficie de 200 km², ce site archéologique révèle les vestiges de six villes médiévales dotées d'un système de canaux d'irrigation vieux de 2 000 ans. Autrefois appelée Farab, cette cité a été le lieu de naissance du célèbre philosophe et scientifique médiéval "Al-Farabi" et était un centre commercial et artisanal majeur sur les routes caravanières entre l'Europe de l'Est et la Chine. Malheureusement, à la fin du 13e siècle, les troupes mongoles ont détruit Otrar de la même manière qu'elles l'ont fait pour Taraz mais qui, heureusement, comme elle, a su renaître de ses cendres. Étape 5 : Chimkent Chimkent, anciennement appelée Shymkent, occupe une place significative dans l'histoire de la Route de la Soie. Des fouilles archéologiques ont révélé que la ville a plus de 2 200 ans d'histoire. Son héritage est le fruit d'influences culturelles diverses, notamment perses, sogdiennes, arabes, mongoles et turques. La ville a joué un rôle central dans la diffusion de connaissances et d'arts le long de la Route de la Soie, contribuant ainsi à l'enrichissement des cultures de la région. De nos jours, Chimkent est une ville moderne qui allie son héritage historique à une économie en pleine croissance, tout en conservant des trésors architecturaux qui témoignent de son passé sur cette route commerciale légendaire. Une étude exhaustive de la vieille ville a d'ailleurs été lancée, suivie de fouilles, de préservation et de restaur ation des murs, ainsi que de la reconstruction de l'ancienne citadelle avec ses caravansérails. Étape 4 : Sayram Située à quelques kilomètres à l'est de Chimkent se trouve la ville de Sayram. Les premières mentions de Sayram remontent à des textes anciens, notamment l'Avestan, le livre sacré du zoroastrisme, ainsi que des manuscrits chinois datant de 629. De par ses nombreux mausolées et de monuments sacrés, Sayram est une étape incontournable le long de la Route de la Soie. Non loin se trouve la montagne de Kazygurt, un massif qui s'élève à 1 776 mètres de hauteur, au sommet duquel l'Arche de Noé aurait atterri lors du déluge selon la légende... La Route de la Soie au Kazakhstan est bien plus qu'un simple réseau de routes commerciales anciennes. Elle représente un héritage culturel riche, un témoignage de l'importance du commerce et de l'échange culturel entre l'Orient et l'Occident. Les sites historiques, les caravansérails et les vestiges archéologiques kazakhs sont des témoins vivants de cette époque fascinante, rappelant la contribution exceptionnelle de la région à la Route de la Soie. Alors que le pays continue de préserver son patrimoine et de le partager avec le monde, le Kazakhstan demeure un incontournable pour tous les passionnés d'histoire et de culture.

  • Traversée de la Route de la Soie : le Tadjikistan

    Ce mois-ci nous partons à la découverte du Tadjikistan, un petit joyau niché au cœur de l’Asie Centrale. Malgré ses montagnes, la Route de la Soie s'est frayée un chemin et y a laissé dans son sillage une culture aussi diverse que riche. Pour mieux comprendre ce qu’est la Route de la Soie, c’est   ici . Une étape incontournable de la route de la Soie Tadjikistan Carte de la Route de la Soie Carte du Tadjikistan actuel Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la topographie montagneuse du Tadjikistan n’a pas été un obstacle au développement de la Route de la Soie. En effet, les routes montagneuses, en dépit de leur défi topographique, offraient une sécurité accrue aux caravanes, traversant des vallées bordées de crêtes montagneuses qui agissaient comme une protection fiable contre les attaques de brigands. De ce fait, plusieurs axes cruciaux de la Route de la Soie ont traversé le Tadjikistan, témoignant de son rôle protagoniste dans les échanges commerciaux et culturels de l'Antiquité et du Moyen-Âge. Parmi eux, l’ancienne route Soghd qui reliait Samarkand à Kokand, deux escales ouzbeks incontournables de la Route de la Soie. Elle passait par des points stratégiques tels que Pendjikent et s'étendait ensuite vers la vallée de Fergana, qui couvre l’est de l’Ouzbékistan, le sud du Kirghizistan et le nord du Tadjikistan, en passant par des villes clefs telles que Varz, Khoudjand, Konibodom, et Isfara. Une autre voie, parfois désignée sous le nom de « Karotegin », établissait une liaison entre Termez (Ouzbékistan) et Kachgar (Chine), traversant des régions telles que Hissar et la capitale tadjik, Douchanbé. La route de Khatlon quant à elle se détachait de Karotegin vers le sud, reliant Douchanbé à Balkh (Afghanistan), marquant la limite méridionale de la Route de la Soie. L'itinéraire connu sous le nom de « Pamir » partait de Balkh (Afghanistan) et passait par Khorog, se divisant ensuite en d'autres trajets. En plus de la capitale Douchanbé, les villes tadjikes de Pendjikent, Ura-Tybe et Khoudjand étaient jadis de véritables pôles culturels et commerciaux reconnus pour leur artisanat artisanal raffiné. Douchanbé Statue de Ismael Samani La capitale actuelle du Tadjikistan, Douchanbé, qui signifie littéralement "lundi" en persan, était à l'origine un petit marché qui au fil des siècles a évolué pour devenir un centre urbain incontournable sur la Route de la Soie, situé de manière stratégique entre les routes du nord et du sud qui traversent le Tadjikistan. Les marchands s’y rendaient pour échanger des épices, des soieries, des pierres précieuses et divers produits exotiques.  L'architecture de Douchanbé porte des traces des influences perse, turque et russe, témoignant des multiples vagues d'influences culturelles qui ont traversé la ville au fil des siècles. Des monuments historiques, tels que le Palais du Parlement et la statue du fondateur du Tadjikistan, Ismail Samani, reflètent cette riche histoire. Pendjikent Site archéologique de l'ancienne ville de Pendjikent Impossible de passer à côté de Pendjikent, la plus ancienne cité du Tadjikistan du haut de ses 5 500 ans. Nichée dans la vallée pittoresque de la rivière Zeravshan, à proximité de Samarkand , cette terre bénie par la beauté et la fertilité a donné naissance à de modestes colonies qui, avec le temps, ont évolué pour former une cité prospère entre les Ve et VIIIe siècles. Pendjikent s'est épanouie comme l'un des centres culturels et artisanaux les plus significatifs de la région de Soghd. On la surnomme même la "Pompée d'Asie centrale", témoignant de son importance dans le paysage culturel et commercial de l'époque. Le joyau de cette civilisation florissante était le palais du gouverneur, entouré de temples majestueux, de marchés animés, et de riches demeures de citoyens ornées de sculptures en bois et en argile représentant des divinités anciennes. Ura-Tyube ( Istaravchan) Fort de Mug Tepe Située au nord du Tadjikistan, aux pieds de la crête du Turkestan, Ura-Tyube ( trou « ura », colline « tepe ») fut fondée au VIe siècle avant notre ère par Cyrus, le roi achéménide, elle portait alors le nom de “Cyropolis” ou “Kuruchkada”. Lors de la conquête de l'Asie centrale par Alexandre le Grand au IVe siècle avant notre ère, Kourouchkada était déjà une grande cité solidement fortifiée mais les Grecs parvinrent à s’y introduire, conduisant à la destruction de la ville sur ordre d'Alexandre le Grand. Khujand Mausolée du Cheik Muslihiddin Nichée au cœur de la vallée pittoresque du Syr-Daria, cette cité millénaire est évoquée pour la première fois dans les écrits d'Aristote. Au fil des siècles, elle s’est vue renaître de ses cendres plusieurs fois, au fil des évasions.  Positionnée stratégiquement au carrefour de routes commerciales majeures entre l'Orient et l'Occident, Khujand a émergé comme l'un des principaux pôles économiques et culturels d'Asie centrale depuis des temps immémoriaux, devenant un centre névralgique de la Route de la Soie. Les produits soyeux et les bijoux façonnés par les artisans de Khujand étaient célèbres non seulement en Orient, mais également au-delà. D’ailleurs, les noms des quartiers de la ville, tels que Zargaron (joailliers), Pilakashon (soyeux), Sangburon (maçons), témoignent de la prépondérance de ces métiers au sein de la ville. Encore aujourd’hui, Khujand attire de nombreux visiteurs friands de ses sites emblématiques tels le mausolée du cheikh Muslekheddin, ses mosquées et minarets qui datent du XVème au XVIIIème siècle. Malgré sa taille et son relief montagneux, le Tadjikistan avec ses nombreux sites historiques, ses caravansérails et ses vestiges archéologiques est une escale incontournable de la Route de la Soie qui a contribué à sa grandeur commerciale et culturelle.

  • Shab-e Yalda, une fête ancestrale

    Table typique de Shab-e Yalda Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas et c’est l’occasion pour Paris-Perse de vous présenter une fête qui remonte au IIème millénaire av J-C : “Shab-e Yalda” ou “Shab-e tcheleh”, en français “nuit de la naissance” lors de laquelle on célèbre la nuit la plus longue de l'année, assimilée à la naissance de Mithra, le dieu du Soleil. Bien que sa signification religieuse se soit estompée au fil des siècles, Shab-e Yalda n’en demeure pas moins une tradition bien ancrée dans la culture persane. Une célébration symbolique et unificatrice Le Yalda est une étape clé du calendrier persan. Le 21 mars, Norouz célèbre l’équinoxe vernal marquant le premier jour du printemps. Le 21 décembre, la fête de Yalda célèbre le solstice d’hiver et le passage entre le mois d'Azar au moins de Dey symbolisant la création. Cette célébration a la particularité d’être associée à différents cultes à travers différentes époques, faisant d’elle un rite unificateur. Statue du dieu Mithra datant de l'Antiquité Romaine À l’origine, Shab-e Yalda célèbre la naissance de Mithra, fils de la déesse Anahita et dieu zoroastrien du feu et du soleil mais aussi symbole de l’amour et du pardon dont le culte s’est étendu jusqu’à la Rome Antique. Lorsque les courtes journées d’hiver s’allongent en laissant progressivement place à la lumière, le mithriacisme y voit la naissance de ce dieu. Il est d’ailleurs fort possible que les chrétiens réfugiés en Iran durant l’empire Romain se soient approprié cette coutume pour célébrer la naissance de Jésus, Noël. Bas relief zoroastrien à Persépolis Dans la religion zoroastrienne, Shab-e Yalda possède une toute autre signification. En effet, aux yeux des zoroastriens, le solstice d’hiver incarne la victoire du monde bienveillant de la lumière sur celui des ténèbres. Le dernier jour du mois de Azar est le plus long de l’année, quand les forces malfaisantes d’Ahriman, Dieu du Mal, sont à leur apogée. En opposition, le premier jour du mois de Dey, appelé Khoram rouz, ”jour du soleil”, est associé à Ahura Mazda, le Dieu lumière et créateur. Lorsque Azar laisse place à Dey, les zoroastriens y voient la victoire de Ahura Mazda sur Ahriman après de longs mois de lutte. Suite à la conquête de l’empire Sassanide par les musulmans au VIIème siècle, le Zoroastrisme s’est vu disparaître au profit de l’islam mais la fête de Shab-e Yalda est restée intacte bien qu’elle ait perdu sa signification religieuse. Aujourd’hui, cette fête est une occasion pour les familles de se retrouver autour d’une célébration pleine de symboles. De même, la célébration de Shab-e Yalda cristallise l’histoire commune des pays de l’Asie centrale, comme l’Afghanistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et des États du Caucase, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Sans parler des Juifs iraniens dont la célébration du “ Rosh HaShanah La’Ilanot”, “Nouvel An des Arbres” , se déroule de la même manière que le Shab-e Yalda. Le déroulement Shab-e Yalda La fête de Shab-e Yalda met les fruits à l'honneur Les familles se retrouvent la nuit du 21 décembre autour d’une table, d’un sofreh (nappe recouvrant un tapis) ou d’un korsi (table basse recouverte d’une couverture) qui sont des éléments incontournables du mobilier traditionnel persan. On y sert des fruits frais et notamment des grenades et des pastèques dont le rouge incarne le feu et le Soleil, source de lumière. De plus, consommer des fruits frais au beau milieu de l’hiver rappelle les coutumes anciennes qui visaient à invoquer la protection des dieux sur les récoltes hivernales. Les fruits emblématiques du Shab-e Yalda sont : La pastèque, qui a été préalablement conservée depuis l’été et qui symbolise santé et bien-être La grenade, dont les grains symbolisent le cycle de la vie et la fertilité ; Des fruits secs, “ajil” , symboles de prospérité mais aussi servant d’offrande pour la résolution d’un différend. Selon les régions, la consommation de certains aliments peut être assimilée à une promesse de bonne santé. Le fameux recueil de poèmes de Hafez, le "Divân" Après le dîner, on se rassemble pour se raconter des histoires et des anecdotes au cours d’un moment convivial. L’élément central de ce rite est le recueil de poèmes de Hafez, le Divân , dont on va se servir pour prédire le futur. Chacun ouvre une page du Divân au hasard, et le poème récité sera interprété comme une prédiction de l’avenir. Autre coutume commune ; les jeunes fiancés peuvent profiter de Shab-e Yalda pour offrir à leurs futurs beaux-parents un panier contenant 7 sortes de fruits et légumes. Les coutumes varient selon les régions et certaines se sont perdues à travers le temps, mais le 21 décembre reste pour les iraniens du monde entier un moment de convivialité et de partage.

  • Traversée de la Route de la Soie : l'Arménie

    Capitale de l'Arménie, Erevan Paris-Perse vous propose de parcourir la Route de la Soie et de découvrir ses merveilles. Après l'Ouzbékistan, nous vous faisons découvrir… l’Arménie ! Découvrez ce pays, l’une des premières nations chrétiennes dont l’héritage se mêle à l’histoire de la Route de la Soie depuis l’Antiquité. Pour mieux comprendre ce qu’est la Route de la Soie, c’est ici . L’Arménie un carrefour clé entre Orient et Occident L'Arménie n’est pas directement traversée par la Route de la Soie principale, pourtant, elle y a joué un rôle important en tant que carrefour commercial et culturel entre l'Orient et l'Occident. Sa situation géographique lui a permis d’être une étape clé sur les routes commerciales entre l'Empire romain, l'Empire byzantin, l'Empire perse et l'Asie centrale. Des caravanes transportant des marchandises précieuses telles que la soie, les épices, les pierres précieuses, les textiles et d'autres produits passaient par l'Arménie. L'une des routes qui traversait l'Arménie était la Route de la Soie du Nord, qui contournait la mer Caspienne et traversait la région montagneuse du Caucase. Cette route permettait aux marchandises de traverser l'Arménie et de continuer vers l'ouest en direction de l'Empire romain. L'Arménie était aussi un acteur dans ces échanges commerciaux pour la production de soie de haute qualité, qui était exportée vers d'autres régions le long de la Route de la Soie. Le commerce de la soie a apporté une prospérité économique à l'Arménie, favorisant le développement de centres commerciaux, d'ateliers de tissage et de villes marchandes. Les produits arméniens en soie étaient très prisés et exportés vers d'autres régions, notamment l'Empire romain, l'Empire byzantin et le Moyen-Orient. De nos jours, bien que la Route de la Soie ne soit plus utilisée à des fins commerciales dans sa forme historique, l'Arménie conserve son héritage culturel et son importance en tant que lien entre l'Orient et l'Occident. Les visiteurs peuvent explorer les anciennes routes commerciales, visiter des sites historiques liés à la Route de la Soie et découvrir l'histoire et la culture de l'Arménie en tant que carrefour du commerce transcontinental. Explorons désormais les villes clés ayant joué un rôle dans la Route de la Soie en commençant par la capitale du pays, Erevan (Yerevan en arménien) Erevan, la cité millénaire Vue panoramique de Erevan Erevan est la capitale de l'Arménie, elle est également une des villes les plus anciennes au monde, elle aurait même un “certificat de naissance” : une inscription écrite en cunéiforme gravée dans la pierre sur ordre du roi Argishti Ier en 782 av. J.-C , soit il y a 2800 ans ! Cette cité millénaire possède un héritage riche en tant que carrefour commercial et culturel important de la région et dans le cadre des échanges commerciaux le long de la Route de la Soie. À l'époque médiévale, Erevan était une ville marchande prospère qui faisait partie des routes commerciales transcaucasiennes. Bien que les marchandises ne circulaient pas directement à travers Erevan, la ville bénéficiait du commerce régional et de l'influence culturelle résultant des échanges que la Route de la Soie laissait dans son sillage. Les commerçants et les voyageurs qui traversaient l'Arménie apportaient avec eux des biens précieux, des idées, des connaissances et des influences culturelles, contribuant ainsi à la richesse et à la diversité de la vie urbaine à Erevan qui perdurent encore à ce jour. Aujourd'hui, Erevan conserve son importance en tant que centre culturel et économique de l'Arménie. Les visiteurs peuvent y découvrir l'histoire de la région en visitant des musées, des sites historiques et des galeries d'art à Erevan. La ville offre également une variété de produits artisanaux, dont certains sont inspirés des anciennes routes commerciales, permettant aux visiteurs de se connecter avec l'héritage de la Route de la Soie tout en explorant une capitale riche d’histoire. Etchmiadzin (ou Vagharchapat), ville sacrée Siège de Sainte Etchmiadzin Etchmiadzin, également connue sous le nom de Vagharshapat, est une ville située en Arménie, à environ 20 kilomètres à l'ouest d'Erevan. Elle est considérée comme le centre spirituel de l'Église apostolique arménienne et abrite la cathédrale d'Etchmiadzin, construite au IVe siècle, est considérée comme le siège du chef spirituel de l'Église apostolique arménienne, le Catholicos, et est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Bien qu'Etchmiadzin ne soit pas directement située sur la Route de la Soie principale, elle a joué un rôle significatif dans l'histoire et la culture de l'Arménie en tant que centre religieux et intellectuel. Au fil des siècles, la ville est restée un important carrefour culturel et commercial où les voyageurs, les pèlerins et les marchands se rencontraient. Les marchands et les pèlerins faisaient souvent escale à Etchmiadzin pour se recueillir dans la cathédrale et pour s'approvisionner en provisions avant de poursuivre leur voyage. Aujourd'hui, Etchmiadzin reste un important centre religieux en Arménie, attirant des pèlerins et des visiteurs du monde entier. Les visiteurs peuvent explorer la cathédrale, visiter le musée d'Etchmiadzin qui abrite des trésors religieux inestimables et découvrir l'histoire et la spiritualité de l'Église apostolique arménienne. Dilijan, la pittoresque Les paysages sauvages de Dilijan Dilijan est une charmante ville située nichée dans la région montagneuse et boisée de Tavush , dans la région nord de l'Arménie. La ville est célèbre pour son environnement naturel pittoresque et sa riche histoire culturelle. Comme Etchmiadzin et Erevan, bien qu’elle ne se trouve pas directement sur la Route de la Soie principale, elle était située sur les routes secondaires qui reliaient les grandes routes commerciales de la région. La région de Dilijan était connue pour sa production de bois, de miel, de produits laitiers et de produits agricoles, qui étaient échangés le long des routes commerciales de l'époque, y compris la Route de la Soie. Dilijan était et reste également réputée pour ses sources d'eau minérale, qui étaient considérées comme précieuses et étaient exportées vers d'autres régions. En raison de sa beauté naturelle et de son climat agréable, Dilijan était également une destination prisée des voyageurs et des caravaniers en quête de repos et d’air pur sur leurs longs trajets commerciaux. Aujourd'hui, Dilijan est une destination touristique populaire, appréciée pour son atmosphère paisible, ses paysages verdoyants et ses nombreux sentiers de randonnée. Encore aujourd’hui, elle offre aux visiteurs l'opportunité de découvrir l'histoire et le patrimoine de la région, ses sources thermales ainsi que de profiter de la beauté naturelle de ses environs. Ce petit périple en Arménie touche à sa fin ! À présent vous en savez davantage sur ce petit pays qui a su se forger une histoire culturelle aussi unique que riche malgré sa position entre trois immenses empires. Rendez-vous prochainement pour une nouvelle destination !

  • Traversée de la Route de la Soie : l'Ouzbékistan

    La médersa Mir-i Arab à Boukhara Paris-Perse vous propose de parcourir la Route de la Soie et de découvrir ses merveilles. Première étape : l'Ouzbékistan. Découvrez les villes protagonistes de l'une des plus anciennes voies commerciales de l'histoire : Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva dont les cultures sont imprégnées de la rencontre entre Orient et Occident. La Route de la Soie, de la Chine aux portes de la Méditerranée... Carte ancienne de la Route de la Soie La Route de la Soie est un réseau commercial qui a été établi il y a plus de 2000 ans et qui a permis les échanges commerciaux entre les pays d'Asie de l'Est et ceux de l'Europe de l'Ouest. Le nom de cette route est lié à la soie, qui était le principal produit échangé à l'époque. Les échanges commerciaux le long de la Route de la Soie ont débuté au IIe siècle avant notre ère, lorsque la Chine des Han a commencé à commercer avec les pays voisins de l'Asie centrale, notamment avec les Parthes, les Scythes et les Bactriens. Les échanges commerciaux ont été facilités par la construction de routes terrestres et maritimes, qui ont permis aux marchands de transporter les produits sur de plus longues distances. Au cours des siècles suivants, la Route de la Soie est devenue de plus en plus importante et les échanges commerciaux se sont étendus à des produits tels que la porcelaine, les épices, les métaux précieux, les tissus, les pierres précieuses et les animaux. Au delà des échanges commerciaux, la Route de la Soie a également joué un rôle important dans la transmission des idées, des cultures et des religions. Les marchands qui voyageaient le long de la route ont échangé des idées avec les populations locales et ont introduit de nouvelles religions comme le bouddhisme, l'islam et le christianisme. Au Moyen Âge, la Route de la Soie est devenue une importante voie de commerce entre l'Asie et l'Europe, et a permis la diffusion de la science, de la technologie et des idées en Europe. La route a également été utilisée par les conquérants tels que Genghis Khan et Tamerlan, qui ont utilisé la route pour étendre leur empire. Aujourd'hui encore, elle reste l'un des plus importants itinéraires commerciaux de l'histoire et est un symbole de l'échange culturel et commercial entre les différentes régions du monde et notamment entre l'Orient et l'Occident. L'Ouzbékistan, un pays forgé par la Route de la Soie L'Ouzbékistan a une histoire riche liée à la Route de la Soie. Située au cœur de l'Asie centrale, ce pays venu tout droit d'un conte des Milles et Unes Nuits était un point de passage clé pour les caravanes qui voyageaient le long de la Route de la Soie reliant l'Asie de l'Est et l'Europe de l'Ouest. Des touristes du monde entier y viennent admirer les vestiges de ce fascinant passé, incarné par les caravansérails, des auberges pour les caravanes de marchands et de voyageurs qui traversaient la région, offrant un abri sûr pour la nuit et des installations de base telles que des écuries, des entrepôts et des cuisines. 📍 1ère étape : Samarcande Place du Registan, ancien coeur de la ville Samarcande était l'un des centres les plus importants de la Route de la Soie en Ouzbékistan. La ville a prospéré sous les règnes des dynasties perses et turques, et a été l'un des centres culturels les plus importants de l'Asie centrale. Les monuments architecturaux magnifiques tels que la place du Registan, la mosquée Bibi-Khanym et la nécropole de Shah-i-Zinda témoignent de cette époque glorieuse. Au IXe siècle, Samarcande est devenue la capitale de la dynastie samanide, qui a uni l'Asie centrale et a favorisé le développement de la culture et des arts. Les caravanes qui passaient par la ville ont permis de développer un important commerce de la soie, des épices, des pierres précieuses, des métaux et d'autres produits de valeur. Au XIe siècle, la ville tombe sous la domination des Turcs seldjoukides, qui ont introduit l'islam et ont contribué à la construction de nombreux monuments architecturaux encore visibles aujourd'hui. Sous le règne de Tamerlan, au XIVe siècle, Samarcande est devenue une ville encore plus importante sur la Route de la Soie. Tamerlan a investi dans la construction de nombreuses mosquées, madrasas et mausolées, qui ont participé à la grandeur architecturale de la ville. 📍2ème étape : Tachkent Dôme de la mosquée Tilya Kari madrassah Tachkent, la capitale, est aussi intimement liée à la Route de la Soie. La ville était en effet un point de passage important pour les caravanes de marchands qui voyageaient le long de cette route. Au début de l'histoire de Tachkent, la ville faisait partie de l'Empire perse achéménide, puis a été conquise par Alexandre le Grand en 329 avant notre ère. La ville a ensuite été dominée par les empires arabes et turcs, et est devenue un centre commercial important à partir du VIIIe siècle. Au cours de l'âge d'or de la Route de la Soie, au Moyen Âge, Tachkent a connu une période de prospérité sous le règne des dynasties timourides et ouzbèkes. La ville était un centre de commerce de la soie, des épices, des pierres précieuses et des métaux, ainsi que de la culture, de la science et de l'art. Au XVIIIe siècle, Tachkent est devenue une ville importante de l'Empire russe, qui avait annexé l'Asie centrale. La ville a continué à se développer sous la domination soviétique, devenant une ville industrielle et culturelle majeure. Le passé commerciale de Tachkent lui a laissé une trace indélébile : la ville possède de nombreux monuments historiques et culturels qui témoignent de son passé flamboyant, notamment la vieille ville avec ses rues étroites, ses bazars animés, ses mosquées et ses mausolées. 📍3ème étape : Boukhara La ville de Boukhara a une longue histoire qui remonte à plus de 2 000 ans, en effet, avant son essor commercial, elle a été un centre important de la culture zoroastrienne avant l'arrivée de l'islam au VIIIe siècle. C'est au moment de l'âge d'or de la Route de la Soie que Boukhara devient un centre commercial incontournable pour la soie, les épices, les pierres précieuses, les métaux et d'autres produits de valeur. Mosquée Kaylan dans la vieille ville de Boukhara Au IXe siècle, Boukhara est élue capitale de la dynastie samanide, qui a uni l'Asie centrale et a encouragé le développement de la culture et des arts. La ville a connu un autre âge d'or sous les dynasties ghaznévide et seljoukide, qui ont ajouté de nombreux bâtiments importants à son paysage, tels que la mosquée Kalyan, la citadelle d'Ark et la médersa d'Ulugbek. Au XIIIe siècle, Boukhara a été conquise par l'Empire mongol de Genghis Khan, mais a continué à prospérer sous le règne des Timourides, qui ont construit de nombreux bâtiments publics et religieux tels que la mosquée de Mir-i-Arab et le mausolée de Tchachma-Ayoub. 📍4ème étape : Khiva La Médersa Alla Kouli Khan Situé aux portes du Turkménistan, Khiva est une étape de Route de la Soie. La ville a été fondée il y a plus de 2 500 ans et a prospéré en tant que centre important de la soie, des épices et des métaux précieux, et était célèbre pour ses artisans qui produisaient des tissus et des objets décoratifs d'une splendeur incomparable. Au Moyen Âge, Khiva était gouvernée par les Khans de Khiva, une dynastie qui a régné sur la ville pendant plusieurs siècles. Les Khans ont construit de nombreux bâtiments publics et religieux tels que des mosquées, des médersas et des palais, qui témoignent de la richesse et de la puissance de la ville à l'époque. La ville a été restaurée et préservée en tant que site du patrimoine mondial de l'UNESCO et attire des visiteurs du monde entier qui viennent admirer son architecture historique qui reflète son histoire riche et diversifiée et sa cuisine savoureuse. Vous l'aurez compris, la Route de la Soie a marqué l'histoire et a forgé le monde d'aujourd'hui, culturellement et économiquement. Dans son sillage, d'Est en Ouest, des villes et des cultures aussi riches que diverses ont jailli des plaines arides de l'Asie centrale, parmi elles, Samarcande, Tachkent, Boukhara et Khiva mais notre parcours ne s'arrête pas là puisque le prochain article nous amènera dans une autre destination incontournable de la Route de la Soie...

  • San Sebastián Cheesecake

    • San Sebastián Cheesecake x Paris Perse • 🌍🇫🇷 Le monde se rejoint avec ce cheesecake originaire de San Sebastián, en Espagne, nappé d’une sauce chocolat pistaches d’Iran Ingrédients : 900g fromage frais (type Saint Moret) 250g mascarpone 400g crème fraîche entire liquide 4 œufs 150g sucre Arôme vanille à souhait Moule de 20cm de diamètre + papier sulfurisé 200g Chocolat noir pâtissier 2 casse praliné de pistache. Préchauffez le four à 230C. Fouetter tous les ingrédients afin d’obtenir une préparation lisse. Chemisez le moule avec le papier sulfurisé humidifié. Cuire 20 mins à 230 puis 10 mins à 200. Laissez refroidir et réserver au frais 24h avant de déguster. Faire fondre le chocolat et le praliné de pistache @parisperse au bain marie. En collaboration avec Solenn’s Kitchen

  • Mithra, du dieu au culte

    Mithra était une divinité qui était vénérée en Perse au cours du IIème siècle avant J-C et dont le culte s'est étendu en Occident. Il était considéré comme un dieu des contrats, de la justice et de la protection. Des origines de cette divinité, nous allons voir comment est né le "mithraïsme" au-delà des frontières de la Perse jusqu'à en inspirer le christianisme et notamment la fête de Noël... Aux origines de Mithra Statue géante de Mithra sur le mont Nemrud (Turquie) À l'origine, Mithra est une divinité indo-iranienne dont le culte aurait commencé dès le 14e siècle av. J.-C. chez les Hittites, un peuple antique d'Anatolie. Les premières mentions de cette divinité apparaissent dans l’ Avesta , un livre religieux perse . On dit qu'il était le fils de la déesse du ciel Anahita et du dieu de la terre Ahura Mazda. Au fil du temps, on a vu en lui un Dieu du soleil capable d'apporter le salut à ceux qui le vénéraient : le Mithraïsme est né. À mi-chemin entre Zoroastrisme et cultes de la Grèce Antique, le Mithraïsme demeure encore une religion mystérieuse notamment parce que son culte se décline selon les peuples du vaste territoire qu'est la Perse et l'Anatolie. Voici quelques doctrines clés de ce culte que l'on peut retenir et qui font étrangement penser à une autre religion qui n'avait à l'époque pas vu le jour... - Mithra protège ses adeptes du danger et du Mal - L'existence d'un Dieu suprême, qui a créé l'univers et toutes les choses qui s'y trouvent. - La croyance que les âmes sont immortelles et qu'elles renaîtront dans un autre corps après la mort - Le concept de paradis et d'enfer - La pratique du baptême - Le paiement de la dîme - Les rituels sacrés exécutés par des prêtres appelés "pères". Les Mithraïstes organisaient souvent des cérémonies appelées "mithrances" au cours desquelles ils accomplissaient des rituels en l'honneur de leur dieu, c'est d'ailleurs ces sacrifices rituels qui font partie des traits distinctifs du Mithraïsme. Pour obtenir le salut, les croyants doivent participer à des cérémonies régulières qui impliquent notamment l'abattage rituel d'animaux. Cet aspect de la religion a contribué à attirer de nouveaux adeptes. La montée du Mithraïsme en Occident Mithra sacrifiant un taureau Vers 100 avant J-C, les Romains, après avoir conquis la Grèce, envahissent l'Asie Mineure. C'est à ce moment que la popularité du culte mithraïque commence à gagner les occidentaux. Les soldats romains se voient attirés par les rituels et enseignements mithraïens. Le culte s'est également répandu dans toute l'Europe après la chute de Rome, il prend une telle ampleur qu'en 274, l'empereur Aurélien le déclare religion d'État. À la fin du 4e siècle, l'empereur Théodose souhaite mettre un terme aux cultes et religions autres que le christianisme. À la suite d'un décret de 391, les temples païens sont détruits ou transformés en églises ; signant ainsi la fin du culte de Mithra. Le mithraïsme s'est rapidement répandu au-delà de Rome et dans d'autres régions d'Europe. Au 7e siècle, il a atteint la Grande-Bretagne, où il est resté populaire jusqu'après la conquête normande (en 1066). Il s'est également répandu en Afrique et en Asie mineure, où il continue d'être pratiqué aujourd'hui de manière marginale. Mithraïsme et Christianisme : l'origine de Noël « On peut dire que, si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithraïste » , écrit l’historien Renan dans Marc Aurèle et la fin du monde antique en 1882. Chez les Romains, dans les jours autour du solstice d'hiver (21 décembre), se déroulaient les Saturnales, une période de festive durant laquelle on célébrait le culte de Saturne, dieu de l'agriculture. La fête durait au début qu'un jour, puis 3 jours sous Auguste et 4 jours sous Caligula. Or, le 25 décembre, on célébrait Mithra durant la fête du "Sol Invictus", correspondant à la naissance de ce jeune dieu solaire qui surgissait d'un rocher ou d'une grotte sous la forme d'un nouveau-né. Ces fêtes «païennes» font de l'ombre à la montée du christianisme qui gagne de plus en plus de fidèles. Comment alors contrer ce culte païen qui menace le christianisme ? En assimilant la naissance du Christ à celle du Sol Invictus, Mithra ! Mithra et son culte incarnent l'un des nombreux points de rencontre entre la culture orientale et occidentale qui ont contribué à bâtir le monde et nos croyances actuels.

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